

Réalité : découvrir à 4 heures du mat qu’Andreï Tarkovski est beaucoup plus chiant que Béla Tarr, mépriser l’appel de l’édredon du haut de l’éthique de ceux qui lisent tard dans la nuit et, en proie à une soudaine intuition de l’hiver à force de regarder des films russes, voyager du salon vers le Sud domestique d’une cuisine en flagrant délit d’après-dîner. Un fond de spaghettis en existence résiduelle sur la cuisinière échange des clins d’œil avec le panier à oignons pour suggérer l’imminence d’une salade de nouilles. Dont acte. Ensuite, victime de la mauvaise habitude des goulots doseurs, se retrouver avec une bavure de soja à camoufler et se souvenir des quelques rondelles de courgettes rescapées d’une moussaka de dinde et exilées au frigo. Céder ipso facto à l’idiosyncrasie complémentaire de l’ail. Goûter pour essayer de deviner comment étoffer le CV de ce grignotage de restes postulant soudain au titre de recette facile et s’incliner devant l’évidence décevante de la perfection.


